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Essai Corvette C7 au Las Vegas Speedway

Ca aurait pu se transformer en remake de Very Bad Trip, car je suis à Las Vegas depuis hier soir… Au lieu de dépenser bêtement quelques sous au casino, j’ai préféré aller faire un tour chez Exotics Racing pour essayer la nouvelle Corvette C7. Vidéo en bas du post.

Chevrolet Corvette C7
Chevrolet Corvette C7

Les caractéristiques techniques de la nouvelle Corvette C7 :

  • Moteur : V8 de 6,2l, bloc LT1
  • Boite vitesse : Auto ou Mécanique 7 rapports, propulsion et différentiel autobloquant
  • Puissance : 466cv à 6000 trm
  • Couple : 630 NM / 64,2 m/kg à 4600 trm
  • Poids : 1490 kg, repartis à 50/50

Superbe équilibre du chassis.

Pour une surprise, c’est une surprise. J’aurais du commencer par là, mais j’ai aussi essayé la dernière Porsche Cayman S juste avant de sauter à bord de la C7… Et j’ai préféré la Corvette en ce qui concerne l’expérience circuit, volant en main. Le chassis est rigide, bien équilibré. Même si la Porsche n’est pas à prendre en défaut d’une façon générale (le package est tout de même cohérent niveau finition, confort, équipement, agrément général, look, prix), mais elle est sous motorisée, et le parametrage de la direction électrique ne laisse transparaitre absolument aucune information. Beurk. La différence avec la précédente génération de Cayman est flagrante… Voilà cela sera la seule parenthèse au sujet du Cayman S qui n’est pas fun sur circuit. Et dire que j’avais prévu à la base d’écrire ce billet sur le Cayman !

La Corvette quant à elle, se montre surprenante sur piste. La direction est mieux calibrée, et même si on est à des années lumières du Punisher, il est possible de faire preuve de finesse sur le placement de la voiture en trail braking. C’est vraiment la neutralité de l’auto qui m’a surpris, tant je m’attendais à un autre hooligan à grosses bottes… Les freins de ma voiture d’essai n’ont pas fait défaut pendant les 5 tours réalisés. Je venais de faire 7 tours avec le Cayman, je connaissais donc le circuit et ai pu envoyer un peu plus de tarte aux pommes… Le mordant est assez facile à doser, bien que l’assistance soit un peu trop forte. La pédale est restée consistante, bien qu’un poil trop molle à mon gout.

C’est bon un V8…

La puissance de 466cv est encaissée sans le moindre problème. Mon instructeur très sympathique au demeurant, ne m’a pas autorisé à déconnecter l’ESP castrateur et calibré de façon bien trop intrusive. Cela serait le seul point réellement négatif à relever sur la C7. Le caractère du V8 est bien trempé, les relances sont solides, et un vrai temps fort apparait autour de 5000 tours. Contrairement au flat 6 du Cayman décidément très plat, le V8 de la Vet’ chante et aime monter dans les tours. Le rupteur est à 6600 tours. J’aurais adoré pouvoir essayer la bête en boite mécanique, mais chez nos amis américains, il en sera peu question… C’est donc la boite auto avec palette au volant qui équipe mon modèle d’essai. Ce n’est pas une 458, ni même une PDK, mais elle fait le job en termes de rapidité de passage. Par contre l’étagement est long… Très long… Et les rapports sont trop éloignés les uns des autres. Un pont court devrait facilement rendre l’auto bien plus excitante pour un moindre budget. Et même avec ce compromis routier, la C7 s’en tire vraiment bien sur piste.

Epilogue

Alors que j’écris ces quelques lignes, je réalise à quel point nos petites autos légères et sans assistance sont extraordinaires. Oui, j’ai pris du plaisir à bord de la Corvette, oui la performance est accessible facilement. Mais les sensations du V8 ne gomment pas l’inertie de la bête, et un chassis rigide bien équilibré d’une grosse GT ne suffit pas à égaler l’exquise sensation de connectivité qui existe entre le pilote et son Exige…

Mention spéciale aux équipes de Exotics Racing au Las Vegas Speedway. Les tarifs sont plus attractifs qu’en France, le staff est nombreux, compétent, et très pro. C’est le sans faute à l’Américaine, chapeau. J’en ai profité pour rentrer en Stretched Limo à l’hotel, et tenter rapidement ma chance au Black Jack…

Jaguar F-Type, la relève est bien née

Une révolution chez Jaguar. Depuis la mythique E-Type de 1961, la voiture de sport avait disparu du catalogue. Elle est de retour avec la F-Type. Autant dire que Jaguar met les petits plats dans les grands pour ce lancement en grande pompe, partout dans le monde. Les réjouissances démarrent cette semaine en France, avec plusieurs évènements dont une journée de test sur le complexe du CERAM. Votre serviteur était là pour tout envoyer.

Jaguar F-Type

Le Programme de la journée

Le CERAM c’est une superbe installation lovée au coeur de la forêt d’Hermenonville. Anneau de vitesse homologué pour 240 km/h, circuit routier, aire plane de 700 mètres… Un beau terrain de jeu pour les réjouissances les plus folles que j’osais imaginer.

Accueil chaleureux, cocktail, déjeuner et briefing avant le début des trois ateliers de cette après midi : trois tours de « circuit routier », démonstration de la qualité des équipements d’aide à la conduite (???) et enfin excursion, lors d’une promenade bucolique aux abords du complexe tout cela au volant de la F-Type. Ah, et bien sur le clou de la journée, le « Hot lap », ou « baptême de piste » c’est selon. Equipé d’une sublime charlotte et d’un casque de scooter trop petit, nous nous élançammes depuis le siège passager pour un tour endiablé ou nous allions enfin pouvoir découvrir « tout le potentiel sportif » de la F-Type.

Jaguar F-TypeOui, tout de même un peu frustré de ne pas vous ramener une belle vidéo au large potentiel youtubesque. Je me voyais déjà driftant frénétiquement la croupe voluptueuse de cette méchante F-Type V8 burnt orange de 500cv, et de fumer sans la moindre vergogne ce train de Pirelli P Zero de 295 de large… Et bien non, que nenni. Pas plus d’anneau de vitesse pour braver cheveux au vent la boucle ovale à 300 km/h… La journée s’adresse plutôt à une clientèle potentielle qu’au « pilote » que j’aimerais prétendre être.

Jaguar F-Type – Une vraie voiture de sport

Je retiendrais tout de même les véritables qualités dynamique de la F-Type, qui n’usurpe pas le qualificatif de « voiture de sport » en tout cas selon les critères de notre temps. Avec 495cv pour 1665kg, ce n’est pas un poids plume, mais le couple du V8 compressé de 5 litres fais le job. On constate immédiatement la rigidité du châssis, l’excellent équilibre des masses et une boite 8 rapports rapide à souhait. Pour une utilisation routière, les performances sont largement à la hauteur de la concurrence, et cette bande son mes amis, cette bande son… On flirt avec l’indécence d’une Maserati Grand Cabrio, vous dire… Appuyez sur le bouton magique, et les 105db sont immédiatement atteintes dans un tonnerre métallique et rageur. Limite érectile. Et tellement flatteur pour l’égo.

Jaguar F-TypeJe vous fais grâce du compte rendu des exercices réalisés sur l’aire plane, consistant à réaliser des manoeuvres brusques d’évitement sur surface mouillée, pour constater l’exceptionnelle calibration des aides à la conduite etc etc… Amusant, effectivement efficace, mais rien à faire sur ces pages.

Sacré coup de crayon, mais (presque) pas de coffre

Finalement ce que je retiendrais de cette F-Type, c’est sa ligne. Le coup de crayon est superbe, et je pense que la version burnt orange en jantes noires est la plus belle combinaison de couleur qui était représentée aujourd’hui. Cette F-Type remplit sa mission et offre une offre attractive comme alternative à Aston Martin. Elle pêchera tout de même sur un point qui l’empêche de se frotter à la 911 : son habitabilité. Le coffre est plus petit que celui de la Porsche, et il n’y a aucune place derrière les sièges. Pour le Porschiste que je ne suis pourtant pas, à qualités dynamiques et prestations sportives équivalentes (ce qui reste à prouver), la 911 marque un point qui compte et qui fait mal.

Jaguar F-Type V8Bravo Jaguar, la F-Type est bien née

Je tire mon chapeau à Jaguar, qui a été capable non seulement de créer cette voiture, mais aussi de mettre en place un objectif très ambitieux, et de prendre le risque d’investir à contre courant sur une niche de marché pourtant largement occupée par une concurrence bien établie. La campagne de lancement de la nouvelle F-Type est à la hauteur des ambitions du groupe TATA, mais aussi du potentiel indéniable de cette voiture, à prendre une place méritée sur le segment convoité des voitures de sport des années 10. On en reparle en 2014 pour la version RS, et dans les prochaines semaines pour un essai routier plus piquant. Ah oui, j’oubliais, la vidéo du Hot Lap sur le circuit du CERAM, ou j’encourage mon pilote à ne rien lâcher… Ce qu’il a fait avec brio.

Hot Lap en vidéo

Lamera Cup – Shakedown au Mans

Jean-Baptiste Meusnier, vainqueur de la Lotus Cup Europe 2012, nous fais le plaisir de nous donner ses impressions sur la LAMERA CUP qu’il a eu le plaisir d’essayer lors d’un shakedown sur le circuit Bugatti au Mans. Ci-dessous son récit.

Lamera Cup Le Mans

La fiche technique de la LAMERA CUP :

  • Châssis tubulaire
  • 5 cylindres turbo d’origine Ford de la Focus RS, 2522 cm3
  • Boite séquentielle 6 rapports, palettes au volant
  • Puissance dégonflée à 280ch, couple de 390Nm !!!
  • Poids plume de 850kg
  • Direction assistée (si si… mais c’est une option)
  • Pneus de route classiques en 235/18
  • Aéro : fond plat, lame avant, aileron arrière

=> Il s’agit bel et bien d’une auto de course.

Les impressions de Jean-Baptiste :

Elle en a une sacrée gueule cette Lamera par rapport à toutes les série équivalentes, Fun cup, Midget, Legend cars… Il s’agit bien d’une voiture et pas d’une espèce d’ovni bizarre, entre moto, barquette et vieille cox… Et elle n’a pas que la plastique de l’emploi puisqu’il s’agit d’une vraie voiture de course, brute et efficace.

Lamera Cup - Poste de pilotage

Lamera Cup - Ford TurboLa position de conduite est très droite avec le volant très proche. Tous les interrupteurs et boutons sont disposés visiblement sur le panel de contrôle avec un vrai dashboard LCD, indiquant en gros la vitesse engagée de la boîte séquentielle.
Une fois lancée, la voiture est très bruyante à cause du sifflement de la boîte… Une fois encore le coté « Race » bien présent. Le moteur a une plage d’utilisation assez courte, creux très en bas et il s’essouffle rapidement en haut. Rien à voir avec le 4 cylindres compresseur d’une Exige Cup. Mais quel couple ! Le bruit du moteur à proprement parler n’a aucun intérêt. Mais la poussée est bien là, et la mise en vitesse très prenante.

Lamera Cup - Le Mans Pit Lane

Le jour du shakedown organisé entre autres par Zosh Compétition et Jean-René Defournoux, les voitures présentes venaient de finir la saison 2012 et étaient plus ou moins fraîches. Elles étaient réglées différemment et avaient donc avec de petites différences de comportement. Mais toutes ces autos bien qu’ayant une saison dans les pattes ont très bien tenu la distance et n’étaient pas marquées.

Lamera Cup

En termes de pilotage, une très bonne nouvelle : la voiture est bien née, elle est rapide et saine. Mais en aucun cas il ne sera facile d’en atteindre la limite ultime. La Lamera vous met en pleine tronche vos erreurs de pilotage. Pas de triche ou de châssis conciliant comme celui d’une lotus. Lorsqu’on arrive trop vite sur les freins, ou que l’on accélère trop tôt, la sanction est immédiate. La voiture se rattrape, mais le chrono est fichu. Au final il faut être impeccablement propre pour claquer un temps. Une explication possible : l’aéro est réelle avec la lame avant et l’aileron arrière générant un véritable appui, mais sur une monte pneumatique au grip mécanique limité. Il ne faut pas drifter quoi… et malgré les pneus de route ça passe très fort.
Elle roule en moins de 1’50 au mans. Ce qui met à mal le Punisher de Jules…
Le point le plus jouissif je trouve est la boîte séquentielle. C’est la première fois que j’en utilise une et le fait de rester « semelle » lors d’un passage de vitesse est bandant. Les rétrogradages s’aident d’un petit coup de talon pointe. Le tout en fort appui sur les freins vers la corde. Le pied.

Lamera Cup-8

Jean-René Defournoux propose d’accompagner ses clients sur la saison 2013. En gros 55000€ ht pour 7 courses de 8 à 15h, tout compris (engagement, assistance, maintenance). Soit à 3 un peu plus de 18000€ par personne. C’est pas con. La voiture coûte environ 50000€ et ne devrait pas décoter plus de quelques milliers d’euros la première année. L’an dernier fut la première saison et tout le monde voulait voir comment les premiers cobayes allaient s’en sortir. Vu que ça marche il est possible que la Lamera Cup devienne les prochaines années la série à succès. Surtout qu’on peut rouler en TTE si besoin et aussi à Dubai…

Est-ce une bonne idée? Oui pour celui qui veut vraiment faire une saison de sport auto, sur une vraie voiture de course. Pour faire une ou deux piges (ce que propose aussi Jean-René); une production en Lotus Cup Europe c’est bien aussi et surement moins cher. Mais une prod est à 20″ au tour plus lente qu’une Lamera à Spa par exemple…

Merci Jean-Baptiste pour ce compte rendu. Contactez Jean-René Defournoux pour plus de renseignements.